WebNovels

Chapter 81 - Le fonctionnement de l'Archivum

Nox cligna des yeux. Après six heures de clarté montant du sol, la lumière des lanternes tombait du mauvais côté.

Ils étaient quatorze.

Trente-trois étaient partis ce matin.

Sur le guichet, les pages de chaque équipe étaient encore posées en petits tas. Cortis passa devant le dernier, les mains dans le dos, et se retourna vers eux.

— Bon. Il manque une supérieure à une équipe.

Il n'eut pas besoin de dire laquelle. Trois candidats avaient baissé les yeux avant la fin de sa phrase.

— Vous gardez ce que vous avez ramené. Le navire pour Aeris part dans deux jours.

Un scribe sortit de derrière le guichet et leur fit signe. Ils ramassèrent leurs deux pages et le suivirent vers une porte basse, sur le côté. Aucun ne se retourna.

Plus que onze donc…

Cortis attendit que la porte se referme.

— Pour les autres, pareil. Ce que vous avez rapporté est à vous, partagez-le comme vous voulez. Une fois admis, vous pourrez aussi l'échanger ici contre la monnaie de l’Archivum.

Il se frotta les mains, et de minuscules tiges vertes se froissèrent entre ses doigts.

— Vous n'êtes pas encore scribes. Presque. Le directeur vous recevra demain, un par un, et c'est lui qui formalisera ça. En attendant…

Il ouvrit les deux bras vers la salle ronde, les portes accrochées partout à la paroi, les deux escaliers derrière le guichet.

— Je vous fais visiter. Autant savoir où vous mettez les pieds. Suivez-moi, et ne touchez à rien, surtout en bas.

Il prit l'escalier qui descendait.

 La chaleur monta à leur rencontre avant la fin de la première volée de marches.

Elle sentait le métal, le charbon. Les marches étaient creusées au milieu, polies par des générations de semelles. La lumière changea de couleur à mesure qu'ils descendaient, du jaune des lanternes à un orange sourd qui tremblait sur les murs.

— On est à peu près cent-soixante à vivre ici, dit Cortis sans se retourner. Cent scribes, cinquante érudits, dix sages. Ça fait beaucoup de monde pour une tour, alors retenez une règle : ici, personne ne vous doit rien, et tout se paie. Pas en or. En points.

— En points ? répéta Isaure.

— Patience. On y vient.

Le palier donnait sur une salle basse et longue.

Des tables étaient alignées sous les voûtes, une vingtaine, espacées de plusieurs pas. À chacune, un homme ou une femme seul, penché sous une lampe, et devant chacun, un objet posé au centre d'un cercle tracé à même le bois. Un anneau. Une lame nue. Un bracelet de cuir. Une pierre polie de la taille d'un œuf. Les cercles étaient faits de sang séché et d'encre mêlés, et certains avaient été retracés tant de fois que le bois en était noir.

Personne ne leva la tête.

— Les graveurs, souffla Cortis. Ce ne sont pas des membres directs de l’Archivum mais ils sont parmi les meilleurs des cinq royaumes.

Nox s'arrêta près de la table la plus proche. L'homme qui y travaillait avait la cinquantaine, les manches roulées jusqu'aux coudes, et une sueur qui lui coulait le long de la tempe sans qu'il l'essuie. Une fille plus jeune, debout derrière lui, lui tamponnait le front avec un linge à intervalles réguliers. Devant lui, une épée courte. Une page flottait au-dessus de la lame, à un doigt, et elle tremblait.

Nox ne voyait rien d'autre. Pas de lumière, pas de mouvement. Seulement la page qui tremblait, et les mains de l'homme qui tremblaient avec elle.

— Il est sur celle-là depuis ce matin, murmura Cortis. Une simple, sur de l'acier. Si ça prend, cette lame coupera dans le feu.

La page s'arrêta de trembler.

Elle se plissa par le milieu, lentement. Les bords noircirent. Puis elle tomba en cendre.

L'homme ne bougea pas pendant un long moment. Puis il posa ses deux coudes sur la table et se prit le visage dans les mains. La fille derrière lui baissa son linge.

Cortis attendit que le groupe reparte.

— Voilà ce qui arrive la plupart du temps. Même pour eux il faut souvent trois ou quatre copies de l’écriture avant de réussir. Selon moi, on a les meilleurs graveurs du monde après ceux de Dolmira. Ne le répétez pas, ils sont susceptibles.

— On peut leur commander une relique ? demanda un des six.

— Cinq cents points le passage, et vous fournissez les pages. Il essaie sur toutes celles que vous lui apportez. Si toutes les tentatives sont un échec, vous revenez avec d'autres, et vous repayez.

Ils traversèrent la salle sur la pointe des pieds. Derrière eux, l'homme n'avait toujours pas relevé la tête.

La porte suivante s'ouvrit sur le bruit.

Les forges occupaient une salle trois fois plus haute que celle des graveurs, et tout y cognait à la fois. Des foyers ouverts dans la paroi, rouges au fond, blancs au cœur. Des enclumes. Des hommes torse nu dont la peau luisait, et une femme aux avant-bras épais comme des cuisses qui tenait une barre incandescente à mains nues et la tordait sans outil, en soufflant par le nez. Le métal pliait sous ses doigts avec un gémissement.

Le long du mur du fond, des râteliers. Des épées, des haches, des lances. Beaucoup de lances.

Nox s'approcha.

Des hampes noires, grises, une en bois clair veiné de rouge. Des fers courts, des fers longs, un à double tranchant. Il pensa à la sienne, rangée dans l'anneau en deux morceaux depuis que la patte du panda l'avait brisée comme une brindille. Il posa la main sur une hampe grise. Elle était froide, et elle ne pesait presque rien.

— Cent points, dit Cortis derrière lui. Moitié moins pour une réparation.

Nox retira sa main.

La dernière salle sentait l'herbe écrasée et le vinaigre.

L'infirmerie était la plus calme des trois. Des lits bas, une trentaine, séparés par des tentures de lin qu'on avait tirées à moitié. La lumière y était plus blanche. Des soigneurs allaient d'un lit à l'autre, les mains nues, et au-dessus de certains blessés flottait une eau claire qui tournait lentement sur elle-même, collée à une plaie.

Sur le lit le plus proche, un jeune homme dormait, le bras droit posé sur le drap. Il s'arrêtait au poignet. Le bandage était propre, serré, et une tache rose en marquait le bout.

Nox le regarda plus longtemps qu'il n'aurait dû.

Cortis s'était arrêté à côté de lui. Il parla à voix basse, pour lui seul.

— Il a été touché par une malédiction et son membre ne repousse pas malgré les écritures de nos chers soigneurs, ils vont d’abord devoir la retirer.

Nox ouvrit ses paupières en grand.

— Cela aussi demande des points ?

— Non heureusement pour vous car les expéditions terminent souvent ici, répondit Cortis plus fort, pour tout le monde.

Ils remontèrent.

Dans le hall, l'air était frais. Quelques-uns soupirèrent en y arrivant.

Cortis se planta au centre, à côté du guichet, et tourna lentement sur lui-même pour leur montrer la paroi.

— Les portes, maintenant. Vous en avez franchi une ce matin. Chacune mène quelque part. La plupart ouvrent sur le continent mort, à des endroits différents : la forêt féerique, où vous étiez, mais aussi les marais, les plaines de sel, la crête des Ossements, et d'autres que je ne vous nommerai pas. Les autres ouvrent sur les zones de mort des cinq royaumes.

Il tendit le doigt vers une porte basse, au ras du sol, dont le bois était piqué de grains de sable incrustés.

— Celle-là, par exemple. Les dunes de brume, aux portes d'Ignara.

Nox se figea.

— Et celles qui sont clouées ? demanda Lioren.

Il montrait la porte à trois couches de scellement, celle dont le sol n'était pas usé.

Cortis la regarda un instant.

— Celles-là, on ne les ouvre plus.

— Pourquoi ?

— Parce que les zones sont trop dangereuses. Certaines créatures ont déjà failli passer dans l'autre sens.

Il laissa la phrase retomber, puis reprit sur le même ton léger.

— Les expéditions obéissent à trois règles, et je ne connais personne qui les ait enfreintes deux fois. Trois membres minimum. Au moins un érudit dans le groupe sauf autorisation du directeur. Et chaque sortie doit être validée par un sage avant le départ. Pas de validation, pas de porte. Le scribe du guichet vous refusera le passage.

Le scribe leva les yeux de son registre, sans sourire.

Cortis prit l'escalier qui montait.

Le premier étage s'ouvrit sur un comptoir.

Il occupait tout le diamètre de la tour, en arc de cercle, en bois sombre ciré jusqu'à renvoyer la lumière. Derrière lui, jusqu'au plafond, des casiers. Des centaines de casiers vitrés, alignés en rangées si serrées qu'il fallait des échelles montées sur rails pour atteindre les plus hauts. Dans chacun, une page, tenue à plat entre deux plaques de verre.

Et chaque page luisait d'une couleur à elle.

Nox s'arrêta sur la dernière marche. Quelqu'un derrière lui dut le contourner.

Blanc, gris, bleu. Violet par endroits, plus rare, groupé en haut et parfois même du jaune. Les casiers étaient rangés par colonnes, et au-dessus de chaque colonne une plaque de cuivre gravée : Feu. Eau. Air. Terre. Foudre. Lumière. Ténèbres. Plante. Et plus loin, sur la droite, des plaques qu'il ne connaissait pas. Nuage. Vapeur. Lave. Étoile. Il n’arriva pas à lire le reste qui était trop loin.

— La boutique, dit Cortis. Tout ce que l'Archivum possède en double finit ici. Tout en haut de la tour, on garde une copie de chaque écriture qui existe. Les autres copies descendent. En général cinq cents points pour une mineure, mille pour une simple.

— Et au-dessus ?

— Au-dessus, les points ne servent plus à rien. On échange contre d'autres écritures. Le gérant vous expliquera les taux quand vous aurez de quoi échanger.

Au bout du comptoir, un homme très grand et très maigre notait dans un registre sans lever la tête. Il leva seulement une main, deux doigts tendus, en guise de salut. Devant lui, deux scribes en tunique grise se disputaient à voix basse au-dessus d'une page posée sur le bois.

Nox ne les écoutait pas.

Il avait trouvé la colonne du feu.

Elle montait jusqu'au plafond. Trente casiers, quarante, il perdit le compte. Des pages blanches par dizaines, des grises, une bleue au milieu qui palpitait d'un rouge sourd sous le verre. Sous chacune, une étiquette de papier jauni, écrite à la main.

Braise tenue. Mineure.

Lame ardente. Simple.

Souffle du four. Simple.

Il ne savait pas lire les sigles sur les pages. Mais il savait lire ce qu'on avait écrit dessous.

Une étiquette plus loin, dans la colonne neutre, l'arrêta.

Voile. Masque le mana du porteur. Simple.

Une certaine ironie se présentait, l’objectif de Nox allait être réalisé et ce n’est que maintenant que les écritures utiles se manifestaient.

Une main se posa sur son avant-bras.

— Ça va, Aube ? Tu vas finir par coller ton nez au verre.

Isaure le tirait doucement vers l'escalier. Les autres étaient déjà partis.

— Oui. J'arrive.

Il jeta un dernier regard à la colonne du feu, et la suivit.

 

L'étage des scribes sentait la soupe.

Le palier donnait sur un couloir circulaire, large, bordé de portes numérotées, et le bruit y était celui d'une caserne à l'heure du repas. Des voix, des rires, une porte qui claquait, quelqu'un qui appelait un prénom d'un bout à l'autre du couloir. Deux scribes les croisèrent en portant un chaudron à deux, un de chaque côté, et s'écartèrent sans ralentir pour les laisser passer.

— Vos dortoirs, dit Cortis en frappant du plat de la main sur une porte au hasard. Quatre par chambre. Vous choisirez vos voisins, ou on les choisira pour vous. Le réfectoire est au bout. Trois repas par jour, gratuits. C'est à peu près la seule chose gratuite ici.

Il s'arrêta devant un grand panneau de bois accroché entre deux portes.

Une vingtaine de scribes se pressaient devant. Le panneau était couvert de fiches épinglées, de petites cartes de parchemin écrites serré, et à mesure qu'ils approchaient, une main en décrocha une, puis une autre. Une fille poussa un soupir en lisant la sienne.

— Encore une semaine de ménage.

— Au moins tu vas payer ton quota te plains pas.

Cortis se retourna vers le groupe.

— Voilà les points. Chaque membre de l'Archivum doit payer un quota chaque mois pour garder sa place. Un scribe, c'est cinq cents points par mois. Si vous ne les avez pas à la fin du mois, vous reprenez le navire. Et le navire, vous vous en souvenez, ne s'arrête pas au port de votre choix.

Il décrocha une fiche au hasard et la leur montra.

— Les tâches rapportent des points. Par exemple : Une semaine de ménage dans la tour, ou à ranger les livres des bibliothèques : cent cinquante. Une semaine au guichet du hall : pareil. Une semaine à estimer le nombre de copies d'une écriture qui circulent dans les cinq royaumes : deux cents. Faites le compte.

— On a facilement le quota, dit Lioren. Si on travaille toutes les semaines.

— Tu as compris. Et il te restera cent points pour tout le reste. Mais il y a mieux.

Il épingla la fiche à sa place.

— Une découverte en zone de mort. Une créature qu'on ne connaît pas, une écriture qu'on n'a pas encore recensée. Cinq cents points. D'un coup.

— Et les pages qu'on rapporte ? demanda Isaure.

— On vous les achète. Une écriture recensée qu'on ne possède pas, c'est cinq cents points pour une mineure, et ça monte jusqu'à dix mille pour une suprême. Si on l'a déjà là-haut, comptez cent points la mineure, cinq mille la suprême. Un peu plus pour un élément primordial ou un bi-élément. Le gérant de la boutique vous fera le compte.

Isaure se tourna vers Lioren avec un grand sourire.

— Je ne ferai pas une seule semaine de ménage de ma vie.

— Eh, oh. On partage, oublie pas.

— Évidemment qu'on partage. Toi et Aube le ménage, moi les points.

Lioren chercha le regard de Nox. Nox haussa l'épaule droite.

— Et pour monter en grade ? demanda Aldric à Cortis.

C'était la première fois qu'il parlait depuis la forêt.

— À peu près cinquante mille points cumulés, dépensés ou non, et on devient érudit. À peu près, parce que les sages ont leur mot à dire. L'érudit n'a plus que deux cents points par mois à payer. Le reste de son temps lui appartient, pour chercher. L'idée, c'est qu'un homme compétent ne passe pas ses nuits à craindre un mois sans découverte.

— Et les sages ?

— Aucun quota. Ils font ce qu'ils veulent.

— Cinquante mille, répéta un des six, lentement.

Cortis sourit.

— À six cents par mois, il vous faudra sept ans. Si vous voulez aller plus vite, il vous faudra des découvertes. Et pour les découvertes, il vous faudra des expéditions, un érudit qui accepte de vous emmener, et un sage qui accepte de vous laisser partir. Bienvenue à l'Archivum.

 

L'étage suivant était le plus silencieux de tous.

La salle faisait tout le tour de la tour. Pas de couloir, pas de portes : un seul espace circulaire, immense, coupé par des rangées de pupitres qui suivaient la courbe des murs en arcs concentriques. Au centre, un puits de lumière tombait d'un orifice percé dans le plafond, et des passerelles de bois montaient le long des parois, jusqu'à trois niveaux, bordées de rayonnages.

Sur les rayonnages, des registres. Des milliers. Reliés de cuir, tous de la même taille, dos numérotés.

À chaque pupitre, un scribe ou un érudit penché sur un de ces registres, ou sur une liasse de feuillets. Certains recopiaient. D'autres calculaient, des colonnes de chiffres qui couraient dans les marges. Un homme âgé, sur la première passerelle, lisait à voix très basse un rapport à une femme qui notait au fur et à mesure.

— L'Index, murmura Cortis. Écritures, créatures, zones de mort. Ici, on recense tout ce qui existe.

Il posa la main sur le dos d'un registre, sur l'étagère la plus proche.

— Chaque écriture connue a sa fiche. Son nom, son élément, sa rareté, ce qu'elle fait, ce qu'elle coûte, qui la porte quand on le sait. Et le nombre de copies qu'on estime en circulation dans les cinq royaumes. Ce sont vos semaines d'estimation. On croise les rapports des royaumes, les ventes, les morts. On ne se trompe pas souvent.

— Mais les pages que détient l’Archivum sont en haut de la tour si j’ai bien suivi ? demanda Isaure.

— Exact.

Il désigna le plafond.

— Quatre mille trois cents écritures recensées. Mais nous on en possède physiquement à peu près mille sept cents. Les autres, on sait qu'elles existent, on sait parfois qui les porte.

— Pendant l'examen, coupa Nox, on est tombés sur une plante.

Cortis se tourna vers lui.

— Énorme, continua Nox. On ne la voit pas quand on bouge. Et elle avait une écriture de gravité qui nous attirait vers sa bouche.

— Un Chapitre 2, ajouta Lioren.

Cortis ne répondit pas tout de suite. Il leva les yeux vers les rayonnages, les passerelles, les milliers de dos numérotés, et ses lèvres bougèrent sans bruit.

— Hmm.

Il revint vers eux.

— Ça se vérifie. Mais si elle n'est pas recensée, vous n'aviez pas besoin de vos pages pour être admis.

Il laissa passer un temps.

— Et vous commencerez avec cinq cents points chacun.

Le talon de Lioren cogna le plancher, une fois. Les anneaux d'Isaure tintèrent quand elle tourna la tête vers Nox.

— Vous passerez voir un érudit demain, après le directeur, dit Cortis. Avec tout ce dont vous vous souvenez.

Il éleva la voix.

— La visite s'arrête là.

Il leva le menton vers les marches qui montaient.

— Au-dessus, les bibliothèques. Cinquante points la journée pour y entrer, le même prix que pour consulter l'Index. Puis les quartiers des érudits. Puis ceux des sages. Et tout en haut, les pages. Là, vous n'y monterez pas avant longtemps, et pour certains d'entre vous, jamais.

Il laissa passer un temps.

— Les érudits ont leurs raisons de ne pas vouloir de scribes sous leurs pieds. Les sages en ont de meilleures.

Nox baissa les yeux vers l'escalier en direction de où devait se trouver l’infirmerie.

— Des questions ?

Il n'y en eut pas.

— Parfait. Retournez à vos fruits, dormez, mangez. Le directeur vous recevra demain matin, un par un, dans l'ordre du registre.

Il chercha Nox des yeux dans le groupe et le trouva.

— Aube, tu passeras en premier.

Quelques têtes se tournèrent vers lui. Aldric sourit, sans le regarder.

Le cœur de Nox ne bougea pas.

More Chapters