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Sinister Lull

Luciano_BANDEIRA
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Synopsis
Synopsis Un monde régi par de grandes forces spirituelles compte en son sein Hiro Asano, jeune orphelin recueilli et élevé par un prêtre exorciste. Bien qu’Hiro ne possède aucune capacité pour interférer avec l’aspect spirituel du Mont qui l’entoure, il en reste étrangement conscient. Son quotidien bascule le jour où il rencontre une femme mystérieuse sur un vieux pont interdit, lieu réputé pour sa forte activité démoniaque. À sa vue, Hiro est frappé par des souvenirs qu’il n’a jamais vécus… mais qui semblent pourtant lui appartenir. Alors qu’il tente de l’aborder, elle disparaît sans laisser de trace. Les événements qui suivent cette rencontre bouleversent à jamais sa vie. Hiro est entraîné dans un monde où morts inexpliquées, malédictions ancestrales, démons, exorcistes et pouvoirs surpuissant défient toute logique. Les prophéties oubliées se réveillent, les chemins scellés dissimulent des horreurs indicibles, et chaque pas le rapproche d’un destin qu’il n’a jamais choisi. Dans cet univers où l’obscurité règne en maître et où la vie humaine semble fragile comme du verre, Hiro devra affronter la vérité : certaines forces ne pardonnent jamais… et certaines voix exigent d’être souvenues.
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Chapter 1 - Chapitre 0 : The King and me.

Ce jour-là était particulièrement beau. Le soleil brillait de tous ses rayons dans un ciel d'un bleu si parfait qu'il donnait envie aux oiseaux d'y planer plus près encore. La lumière se courbait sur un paysage rempli de fleurs de toutes les couleurs, comme si la nature elle-même fêtait quelque chose.

‎Et en un sens, c'était normal : c'était le premier jour de la rentrée des classes. Dans les rues, les élèves des différents lycées, joyeux et pressés, se dépêchaient d'atteindre leur établissement.

‎Dans la grande chapelle de l'orphelinat, la sœur Isane préparait l'autel pour la célébration eucharistique.

‎— Tiens ? Aujourd'hui c'est le premier jour de la rentrée… Hiro ne se serait-il pas réveillé ? se demanda-t-elle.

‎— Tu parlais de Hiro ? fit la voix du Père Riki en entrant.

‎— Ah ! Bonjour Père Riki, le salua la sœur Isane.

‎— Bonjour, ma petite Isane. Comment vas-tu ? demanda-t-il en souriant largement.

‎— Très bien, merci.

‎— Bonjour Père Riki, bonjour sœur Isane ! lança la petite Tohka en passant la tête par la porte.

‎— Bonjour ! répondirent-ils en chœur.

‎— Dis Tohka, peux-tu aller me…

‎— Tout de suite, j'y vais ! Je vais réveiller Hiro ! coupa Tohka avant de s'élancer hors de la chapelle.

‎— Toujours aussi prévoyante et pressée, pensa Isane avec un léger sourire.

‎— Plutôt serviable, pour moi, ajouta le Père Riki.

‎Pendant ce temps, dans la demeure des Ozuki, l'atmosphère n'avait rien de joyeux. Les exorcistes rassemblés murmuraient entre eux.

‎« C'est tragique… »

‎« Tu crois que c'est un meurtre ? »

‎« Pendant son sommeil ? Allons, Hime est bien trop puissante… »

‎« J'ai tellement peur… »

‎Le chef de famille, Hideyoshi, tapa son bâton au sol.

‎— Il suffit. Vous savez tous dans quel impasse se trouve notre maison. Malheureusement, ce qui est fait est irréversible.

‎Les murmures cessèrent.

‎— Quels sont vos ordres, Maître Hideyoshi ? demanda un disciple.

‎— Vous n'avez qu'une mission : déterrez les serments autrefois enfouis. Vous avez vingt-quatre heures. Exécution.

‎Les exorcistes disparurent aussitôt.

‎Ces « serments » n'étaient autres que des parchemins sacrés scellés dans la terre pour sceller une promesse ancienne.

‎— Maître Hideyoshi… puis-je faire quelque chose ? demanda Takeshi en s'approchant.

‎— Ah, Takeshi. Oui : informe le Père Riki de la situation.

‎Takeshi acquiesça avant de disparaître.

‎À l'orphelinat, Tohka entra dans la chambre de Hiro… qui dormait à poings fermés.

‎— COM–… COMMENT ? VAS-TU TE RÉVEILLER ESPÈCE D'ABRUTI ? hurla-t-elle en lui giflant la joue.

‎— WHAAAAAAAH !!! fit Hiro en bondissant du lit.

‎— QUOI ENCORE, TOHKA ? T'ES MALADE OU QUOI ?!

‎— MALAD… ? Aujourd'hui, c'est la rentrée des classes ! Tu devrais être AU LYCÉE depuis une heure, espèce de paresseuuuuux ! cria Tohka en le secouant par le t-shirt.

‎— Lâche-moi ! J'suis fatigué ! Et puis d'abord, c'est que le premier jour et je…

‎— Ah ? Tu es fatigué ? Après avoir passé toute ta journée d'hier chez les Ozuki avec Hime ? Je me demande bien ce que penseraient le Père Riki et la mère supérieure de ça… dit-elle avec un sourire inquiétant.

‎— Que… quoi ? Comment t'es au courant ?!

‎— J'en sais beaucoup sur toi, mon cher Hiro, déclara-t-elle avec une assurance glaciale.

‎— TOOOOHKA !!!

‎— QUE SE PASSE-T-IL LÀ-HAUT ? tonna une voix à l'extérieur.

‎Les deux se figèrent.

‎— C'est… c'est la mère supérieure, murmura Hiro, livide.

‎— Bonjour, mère supérieure ! C'était juste Hiro qui se plaignait encore, lança Tohka déjà dans le couloir.

‎La mère supérieure resta silencieuse. Son aura imposante faisait trembler la plupart des orphelins… et Hiro depuis toujours.

‎Tandis qu'elle repartait, Hiro fila sous la douche. Une fois prêt, il rejoignit l'extérieur où la célébration se terminait. Au même moment, Tohka et la mère supérieure rejoignaient la chapelle.

‎Chez les Ozuki, les exorcistes étaient revenus de leur mission. Les serments déterrés furent présentés à Hideyoshi. Mais en voyant les symboles gravés dessus, son visage se crispa.

‎— Laissez-moi seul, ordonna-t-il.

‎Quand la salle fut vide, il soupira.

‎« Les vagues commencent à se soulever... »

‎De retour à l'orphelinat, Takeshi arriva comme prévu.

‎— Bonjour, ma sœur, dit-il en s'inclinant légèrement.

‎— Oh ! Monsieur Takeshi, quelle surprise. Que puis-je pour vous ?

‎— Maître Hideyoshi souhaite rencontrer le Père Riki d'urgence.

‎— J'espère que ce n'est rien de grave…

‎— Je ne saurais le dire. Pourriez-vous transmettre le message ?

‎— Bien sûr.

‎Takeshi la remercia et prit congé.

‎Hiro, qui se préparait à partir et avait observé la scène depuis sa fenêtre, fronça les sourcils.

‎« Maître Takeshi… ? Qu'est-ce qu'il fait ici ? »

‎— Hey, Hiro ! l'appela la sœur Isane en le voyant sortir.

‎— Sœur Isane ?

‎— J'espère que tu es au courant de ce qui se passe sur ton fameux raccourci…

‎— Ah oui, mais ne vous inquiétez pas, il ne m'arriv—

‎— Hiro… l'interrompit-elle, des forces démoniaques règnent sur cet endroit. Des morts inexpliquées, des malédictions… des massacres. Le comité royal a scellé ce passage. Tu n'as aucune aptitude spirituelle pour te défendre. Je t'en prie, n'y mets plus les pieds.

‎Hiro soupira.

‎— D'accord, d'accord…

‎— Tu me le promets ?

‎— Oui, sœur Isane.

‎Il partit ensuite en courant.

‎— Toujours aussi pressé, murmura Isane.

‎Mais la nature humaine est tenace, et les promesses encore plus fragiles.

‎À peine arrivé près du passage interdit, Hiro aperçut un petit garçon qui se glissait sous la barrière.

‎— Hé ! Attends, tu ne devrais pas…

‎Trop tard. L'enfant s'était déjà engouffré dans les profondeurs du chemin scellé.

‎« Au secours ! Pitié, aidez-moi ! »

‎La voix résonna, déchirante.

‎Hiro n'hésita même pas.

‎Il fonça.

‎Le chemin avait radicalement changé. Le sombre brouillard donnait l'impression d'un lieu abandonné depuis des siècles. La rivière, d'un calme inquiétant, reflétait à peine les quelques cerisiers encore vivants sur ses rives, tandis que les autres arbres, dépouillés et morts, semblaient figés dans le temps.

‎— Il y a quelqu'un ? cria Hiro en avançant sur un vieux pont bordé de cerisiers.

‎Son pied heurta quelque chose. En baissant les yeux, il vit un chien massacré.

‎— Aaah ! fit-il en sursautant, tombant presque en arrière.

‎En levant la tête… il se retrouva face au cadavre du jeune garçon, suspendu à une branche morte, dévoré par des corbeaux.

‎— Mon dieu… qui a pu faire ça… ? souffla-t-il alors qu'une larme coulait de son œil gauche.

‎Il tremblait, mais se força à avancer.

‎Un rire éclata soudain, résonnant dans l'obscurité.

‎— Qui… qui est là ?! dit Hiro, la voix tremblante.

‎Une ombre passa derrière lui à une vitesse inhumaine.

‎— HEY ! J'ai dit : QUI T'ES ?! C'est toi qui as zigouillé le petit ?! cria Hiro, la colère prenant le dessus.

‎— ALLEZ, MONTRE-TOI ! VIENS TE BATTRE, ENFOIRÉ !!!

‎C'était complètement fou de provoquer une entité qu'il ne pouvait même pas percevoir naturellement. Mais Hiro ne recula pas. Il sortit son chapelet noir.

‎L'ombre surgit du brouillard et fonça vers lui.

‎Mais soudain… plus rien.

‎Silence total.

‎Le brouillard s'épaissit. Les corbeaux tombèrent raides morts, secs, déplumés… sans aucun son, sans aucune explication.

‎Une présence… ou peut-être une absence. Quelque chose d'indéfinissable emplissait l'air.

‎Au même moment, le Père Riki arrivait chez les Ozuki et était accueilli par Takeshi.

‎— Ah ! Mon petit Takeshi, toujours en forme ?

‎— Oui, merci. Maître Hideyoshi vous attend.

‎Le vieux maître accueillit Riki d'un sourire fatigué.

‎— On dirait que tu n'as pas changé d'un poil, Riki.

‎— Toi non plus, Hideyoshi.

‎— J'aimerais fêter nos retrouvailles… mais la situation est trop lourde pour ça.

‎Ils prirent place.

‎— Alors ? Pourquoi m'avoir fait venir ? demanda le Père Riki.

‎Hideyoshi inspira profondément.

‎— Je ne passerai pas par quatre chemins. Hime est morte.

‎— Comment ?! Aurions-nous affaire à une grande men...

‎— Non, interrompit Hideyoshi. Ce n'était pas un combat. Et la raison de sa mort… est bien plus effrayante.

‎Le Père Riki pâlit.

‎— Explique-moi…

‎— Le matin où nous avons trouvé son corps, la "marque royale" sur son front avait disparu. Et plus terrible encore… le "Récit Trinitaire" de l'ouvrage n'a pas changé de couleur. Elle a totalement disparu.

‎Le Père Riki blêmit.

‎— C'est impossible… Si cette prophétie dit vrai… alors la nouvelle lune est née. Et la moitié s'est complétée…

‎— Exactement. Pour en avoir le cœur net, j'ai fait déterrer les serments sacrés. Mais ils n'indiquaient plus rien. Seuls d'anciens caractères figuraient dessus. Les quatre formaient un seul mot.

‎Hideyoshi déglutit.

‎— "Pont".

‎— "Pont"… ? Mais… qu'est-ce que cela signifie ?

De l'autre côté, Hiro, alerté par le calme soudain qui régnait autour de lui, accéléra instinctivement le pas pour fuir. Mais au moment même où il allait se mettre à courir, une femme apparut devant lui. Elle portait un kimono blanc en haut et rouge en bas, ses longs cheveux noirs lui dissimulaient le visage, et sa peau, d'une blancheur glaciale, laissait glisser des gouttes d'eau jusqu'au sol.

À sa vue, Hiro se figea net. Il tremblait de tous ses membres ; sa peur était si intense qu'il semblait prêt à s'effondrer… ou à être achevé...

FIN

"On me l'avait dit, on m'avait dit que l'obscurité n'a jamais été loin ; elle a toujours plané sur nous."

Sinister Lull, Chapitre 0 : "The King and me", BANDEIRA Luciano.